
Samedi 25 mars,
Hier, nous avons visité une école primaire à Adélaïde. Les enfants depuis l’âge de 5 ans ont des cours de langue obligatoires en français à raison de1 h par semaine….
Nous logeons chez l’institutrice, on campe dans son jardin sous des tentes qu’elle nous a prêté. C’est très sympa.
On est venu à Adélaïde car Catherine nous avait contacté avec enthousiasme pour qu’on visite sa classe. Sachant qu’on a atterri à Melbourne et qu’on repart par Sydney. C’est un peu comme si on était arrivé à Paris pour repartir par Nice et qu’on ait décidé de faire un détour pour visiter une école à Maastricht.
L’Australie, c’est 14 fois la taille de la France pour 3 fois moins d’habitants et qui pour la plupart sont sur la côte sud et est. Il y a donc de la place pour du désert et des routes immenses et interminables. On nous a dit que certains fermiers habitent à plus de 200 km de leur plus proche voisin. Dans ce cas, ils ont un avion pour aller faire les courses et rendre visite aux amis. Pour eux, l’école c’est par radio et le téléphone est satellitaire.
Dès le début, on s’est dit qu’on devait oublier les désirs de traversée Nord Sud ou Est Ouest et qu’il serait plus que raisonnable de se focaliser sur le sud est, une toute petite partie de l’Australie de l’ordre de seulement trois ou quatre fois la France. Voilà, vous êtes prévenu… En 3 semaines, on va donc rouler pas mal… toujours à gauche d’ailleurs.
Melbourne
Comme la plupart des villes d’Australie et de Nouvelle-Zélande, les villes sont d’immenses villages où tout le monde ou presque habite dans une maison au milieu de la verdure. Bien sûr, il y a un centre ville avec de superbes buildings, des magasins, des cafés, des musées, mais il n’abrite qu’une faible partie très huppée ou jeune de la population.
Ainsi, malgré ses 4 millions d’habitants, le centre de Melbourne reste très petit et à aucun moment on se sent oppressé. La pollution n’a rien de comparable à celle de nos villes européennes. On circule volontiers en vélo et les axes routiers ne sont guère encombrés. Bref on se sent à l’aise. On trouve de beau bâtiment du 19ème siècle de style anglais. Les parcs sont nombreux et superbes, autant au centre qu’à l’extérieur. Nous sommes arrivés à Melbourne pour le début des jeux du Commonwealth. Si comme nous, vous en avez que vaguement entendu parler, il s’agit des jeux olympiques du monde british. La ville était en ébullition avec du monde partout, de belles décorations, des écrans géants, des spectacles et des activités dans la rue. Alors que nous traînions sur les quais du port de Melbourne pour éviter la foule (pas très engageant d’ailleurs) nous avons eu la surprise de voir arriver un bateau à voile avec le bâton de la reine (le flambeau des jeux du Commonwealth). Comme pour les JO, un course en relais le conduit jusqu’au stade et à la cérémonie d’ouverture. Romuald essuyant une perfide gastro, nous ne sommes pas allés en ville voir la cérémonie devant un écran géant mais comme tout le monde devant la télévision. Ca ressemble beaucoup à celle des jeux olympiques, très féerique et émouvant avec un final extraordinaire où tout Melbourne semblait s’embrasé. On entendait d’ailleurs les feux d’artifice depuis la maison. Les enfants ont adoré.
Pour l’occasion, on a eu la chance d’être accueilli chez Lynn et Peter qui font partie de Servas (voir partenaires pour ceux qui ne savent toujours pas ce que c’est). Heureusement, car dans pareil contexte on aurait dû payer le prix fort pour se loger. L’accueil a été comme d’habitude très chaleureux. On a passé beaucoup de temps ensemble à manger, discuter et déguster du vin australien. Si en revanche Peter n’a pas poussé l’hospitalité jusqu’à laisser gagner Romuald aux échecs, ils ont prix le temps de nous faire visiter le parc de leur quartier (avec forêt et rivière) ainsi qu’un des musées de Melbourne.
C’est grâce à Peter et à une reconstitution de Stade ovale au musée que nous avons appris ce qu’était le football australien. Ici comme à Adélaïde, le ballon des dieux du stade est bien ovale mais le terrain aussi. Les buts sont formés de 4 poteaux. Les joueurs tapent le ballon parterre pour pouvoir courir en avant comme des basketteurs. Le jeu est rude et très athlétique ce qui plait à messieurs les australiens. Les maillots sont sans manches et les shorts très, très courts et moulants ce qui plait à mesdames et mesdemoiselles. En bref, tout le monde suit le football australien de très près !
La Great Coast Road.
La route côtière au sud ouest de Melbourne ne porte pas le nom de Great Cost Road pour rien.
Alors que nos parents s’inquiétaient pour nous à cause des cyclones qui sévissaient à plus de 2000 km de là, au nord-est de l’Australie, nous avons profité pendant 4 jours d’une des plus belles côtes du monde. Les paysages sont époustouflants et d’une grande variété.
La route serpente entre terre, mer et ciel : occasion de découvrir des péninsules sauvages, des phares, des points de vues magnifiques, des rochers, des falaises, des plages aux multiples couleurs de sable, des rouleaux pour surfeurs, des baies tranquilles, des lagunes, des criques orangées, des petits ports de pêche, de plaisance, des vieux villages historiques ainsi que des beaux sentiers de randonnées dans les forêt des Réserves Nationales.
Bref tout y est pour passer de bonnes vacances et il est facile de comprendre que c’est un des lieux de villégiature privilégié de Melbourne.
Le seul point d’ombre, c’est la température de l’eau qui ne monte que rarement au dessus de 15°C rappelant ainsi qu’ en face c’est la Tasmanie et plus loin l’Antarctique.
Ce premier séjour en campagne australienne, nous a permis de nous rendre compte que l’Australie, c’est aussi le pays des perroquets. Il y en a partout, de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Il y a bien entendu les cockatoos blancs à crête jaune que nous avions déjà photographiés en Nouvelle-Zélande mais aussi d’autres bleus, vert, gris , rouge, rose que l’on voit passer d’un arbre à l’autre, la plupart du temps en couple. Il s’agit bien souvent de différentes sortes de Rosella. Ils apportent un charme tout exotique à notre découverte de l’Australie.
A cette clique d’oiseaux potentiellement parleurs s’ajoute le « Laughting kokaburra » qui malgré sa tête trop sérieuse et ridicule, se permet chaque matin de ricaner dès l’aube afin de réveiller tout le camping. Valérie d’apparence si gentille lui aurait volontiers rabaissé le caquet et déplumé plume par plume. Mais pour cela il aurait fallu qu’elle se lève .
Côté végétation, nous avons là aussi été surpris. Comme en Nouvelle-Zélande, les forêts d’origine abritent une grande variété de fougères dont de magnifiques arborescentes. En revanche, ici point de Rimu ou de Kauri, les arbres rois sont les Eucalyptus. Difficile pour nous d’en distinguer les innombrables sortent. L’une des particularités de ces forêts en automne est qu’aucun arbre ne perd ses feuilles mais se sont les écorces qui tombent littéralement en lambeau et jonchent le sol. L’odeur d’essence d’Eucalyptus et omniprésente. Ici pas besoin d’inhalation pour se dégager le nez. Il suffit de respirer.
L’inconvénient de ce type d’essence et bien sûr son caractère hautement inflammable. Avec les sécheresses estivales, l’Australie doit chaque année se battre contre les feux de forêts. Aidé par le vent, il peut se propager en haut des Eucalyptus à plus de 200 km heure. Mieux vaut ne pas être dans le secteur qu’en cela arrive. De nombreuses et immenses forêts sont ravagées chaque année, c’est l’un des plus grands fléaux Australien.
Malgré les kilomètres et la description des feux de forêts de Peter, nous avons pris le temps de randonner dans ce « bush » australien. A force de levez le nez pour guetter les perroquets, on a fini par apercevoir à plusieurs reprises l’un des marsupiaux préférés des enfants : le koala. Ce dernier se nourrit principalement de feuilles d’Eucalyptus qui ne sont d’ailleurs pas très nutritives. Cela lui impose de passer de longues heures à roupiller pour économiser son énergie et de manger pendant les 6 heures restantes lentement mais systématiquement toutes les feuilles qui lui passent sous le nez. Quand on voit un arbre complètement plumé, ce n’est pas dû à l’automne mais aux Koalas. D’ailleurs dans certains parcs, les rangers protègent les troncs d’arbres d’un plastique ou d’un grillage pour les empêcher de grimper et ainsi de préserver le feuillage.
Koalas ou pas, dans le bush, il est plus prudent de garder un œil à terre pour surveiller les serpents d’une part parce qu’ils sont nombreux d’autre part parce qu’ils sont tous venimeux et parfois instantanément mortels. Romuald qui ne semblait pas convaincu (car on nous avait dit la même chose au Costa Rica et on n’en avait pas vu), a révisé son point de vue après en avoir vu un énorme à quelques pas de nous. D’ailleurs cette fois là en deux heures, on en a vu trois dont un qui n’était pas décidé à nous céder le passage, pour la plus grande frayeur de Fabio. C’est très courtoisement qu’on lui a laissé la priorité. Vas-y passe….Sssssss !
Un peu plus loin, près de Warrambool, l’arrière pays de forêts laisse place à des paysages plus ruraux avec de vastes étendues cultivées et des exploitations laitières.
Nous avons contacté encore une fois des familles Servas, pour pouvoir loger près de Warrambool. Une famille nous répond très chaleureusement qu’on pouvait venir chez eux le mardi mais que le mercredi soir, il n’y aurait personne mais qu’on pouvait rester sans problème. Tout étonnés de cet accueil particulier, nous arrivons donc le mardi soir chez Jenny en pleine campagne australienne. Romuald avait eu au téléphone, un des fils de Jenny qui nous a donné son accord, sans consulter sa mère absente. En fait, on tombait très mal et Jenny ne nous aurait sûrement pas accueilli, si elle nous avait eu au téléphone. Ils étaient en plein transit familial : un des fils revenait habiter à la maison, un autre la quittait et tout le monde partait le mercredi. Bref, un vrai branle bas de combat dans la maison ! Jenny malgré tout a tenu à assumer son rôle d’hôte Servas et nous a emmené dans une réserve au milieu dans un ancien cratère à la tombée de la nuit. L’occasion pour toute la famille de voir enfin nos premiers kangourous en pleine nature. On peut dire ce qu’on veut, c’est toujours magique de les voir se déplacer en bondissant, de les voir s’appuyer sur leur queue ou de voir dépasser la tête d’un bébé de la poche de sa mère.
On était tous tellement content qu’on y est retourné seul le lendemain afin de mieux les observer. On en a profité pour voir nos premiers Emeus, autruche australienne pour ceux qui ne connaissent pas.
La suite de la route pour Adélaïde via la Princes Highway n’est pas mal non plus. Elle débute à Portland l’une des plus vieilles villes du pays où non loin, nous avons découvert en bord de falaise surplombant la mer un paysage lunaire fantastique : une forêt pétrifiée. Ensuite la route nous a conduit à Mount Gambier, une ville de l’intérieur dont la particularité et d’abriter de nombreux cratères de tailles et d’utilités diverses. Le plus connu abrite le fameux lac bleu, très pur et très protégé, il sert de réservoir d’eau, le deuxième d’Australie. Certains sont des réserves naturelles. Les autres plus petites et au cœur de la ville abrite de magnifiques jardins. C’est à quelques mètres de l’un deux que nous avons profité d’une connexion Wifi pour publier nos premières images d’Australie.
Ensuite la Princes Highway continue vers une côte sauvage avec des dunes de sables et des lagunes salées et autour des paysages très arides. Malgré la longue route qui nous attendait, nous n’avons pu nous empêcher de faire un détour par une route « scenic ». On a roulé sur une piste blanche dans un paysage magique, semi désertique avec pour seule végétation des buissons posés sur du sable blanc à perte de vue pour finalement aboutir à un lac de sel sans eau ou presque avec de superbes reflets rosés.
Au-delà de la beauté du paysage, ce petit périple où l’on n’a croisé aucune voiture, nous a fait prendre conscience qu’en cas de panne, sans téléphone, on peut attendre longtemps sans que quelqu’un ne puisse venir nous trouver. Et ici pas question de marcher les distances sont trop grandes. On était donc content de retourner sur le bitume et la route principale.
La suite, c’est 400 km dans un paysage si invariable qu’on avait l’impression de ne pas avancer avec en point de mire, un inévitable lac au bout de la route.
A Adélaïde, on nous a dit que ce n’était rien par rapport à ce qui nous attendait pour nous rendre à Sydney par les plaines. On s’attend donc la semaine prochaine à prendre conscience des dimensions de l’Australie.
Lors de nos grandes virées routières, Valérie a trouvé un nouveau jeu, délaissant provisoirement son rôle de maîtresse ambulante et rabâcheuse de table multiplication. Elle devient « chasseuses de panneaux ». Mais attention pas n’importent lesquels, seulement des spécimen avec canards, koala, kangourou, émeu, wombat ou même personnes âgées.
Rien ne lui échappe. En général, Romuald doit piler puis reculer pour ne pas le rater (en photos) et ce avant qu’un énorme camion ne surgisse de nulle part pour nous pousser sur le bas côté. Vraiment, elle n’a peur de rien !
Adélaïde
Ici encore plus qu’à Melbourne, on a l’impression qu’il s’agit d’un immense village qui n’en finit pas. Le centre est joli et tout petit. Le reste, ce n’est que maisons, jardins et parcs avec ce qu’il faut de supermarchés et magasins pour rendre la vie de tous les jours plus facile.
La nature est omniprésente. On a même le sentiment, sûrement faux, qu’un feu de forêt pourrait ravager la ville.
La ville est située non loin de la mer avec de l’autre côté des collines boisées.
Le temps est plus chaud et plus sec qu’à Melbourne. Nous retrouvons une chaleur écrasante que nous n’avions pas eue depuis le Mexique soit autour de 34 degrés. Chaque maison est équipée d’une climatisation ainsi que les écoles, ce n’est pas pour rien.
Aujourd’hui malgré la chaleur nous nous sommes baladés avec Catherine (l’instit de l’école qu’on a visité) et ses enfants dans une réserve nationale dans les collines. Il faut avoué que cela faisait un peu zoo mais c’était tout de même très sympa car nous avons pu ainsi voir des dingos, des diables de Tasmanie et des wombats. Les enfants eux ont surtout appréciés de pouvoir caresser et nourrir les kangourous et les koalas…vraiment très, très doux.
A part cela, à Adélaïde, on a soufflé et peu bougé. Les enfants ont profité de la salle de jeux de nos hôtes. On en a profité pour commencer à écrire, aller chez le coiffeur pour Valérie, remplacer les chaussures de l’un, le tee-shirt de l’autre et acheter du Nutela pour offrir en Nouvelle Calédonie car c’est vachement bon et moins cher que là-bas.
En bref, on a fait un bon break.
Demain, on reprend la route soit 1500 km en trois jours pour rejoindre les Blues Mountains
A bientôt
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