
La traversée d’Adélaïde à Sydney
Les routes en Australie sont la plupart du temps à 2 voies et la vitesse autorisée varie entre 100 et 110 km/h selon les Etats. Dans les immenses lignes droites, nous n’avons pas vraiment l’impression de vitesse et pourtant on avance de manière quasi constante. Il n’y a en effet que très peu de villes ou de villages à traverser, peu de virages, pas de montagnes, seul des travaux ralentissent parfois notre allure.
De temps en temps, des panneaux rappellent qu’un émeu, une vache ou un kangourou peut traversé la route, surtout à l’aube et à l’aurore. Plusieurs carcasses le long de la route et les pare buffles de la plupart des voitures croisées montrent que ce n’est pas à prendre à la légère.
Après avoir délaisser les vignobles du nord d’Adélaïde, la route passe le long d’immenses champs cultivés où à cette saison il ne reste plus grand chose. Les rares collines sont jaunies, la terre devient de plus en plus rouge. De temps en temps, des Eucalyptus rappellent qu’on est toujours en Australie. Après 300 km, nous rejoignons les rives de la partie Nord du Murray qui nous conduira jusqu’à Mildura. Là, autour de la rivière, le paysage change, on retrouve la forêt et de nouveaux un immense vignoble. Au pied des vignes, la terre est d’un rouge vif éclatant qui contraste avec le vert des feuilles et l’infini ciel bleu de Mildura.
Ici, nous retrouvons au camping, pour le plaisir des enfants, une grande piscine que le soleil chauffe encore en ce début d’automne à plus de 27° C.
Le lendemain, le temps change. La pluie annoncée à Adélaïde nous a rattrapée et semble avoir décidé d’effectuer la traversée avec nous. Pas de chance. Nous souhaitions aller au « Mungo National Parc » qui présente des paysages de désert superbes et des constructions aborigènes de plus de 45 000 ans mais les 120 km de pistes qui y conduisent, peuvent devenir impraticables sous la pluie et donc, on préfère ne pas prendre le risque de se retrouver coincé au milieu de rien. Avant de reprendre la route, nous passons par les Perry Dunes à Wentworth. Là, au milieu de la plaine aride surgit sur plusieurs kilomètres des dunes de sable rouge. Pied nu et sous la pluie, nous avons pris un plaisir tout enfantin à marcher, grimper et dégringoler dans le sable en courant. Non loin de là, des kangourous relevaient la tête de temps à autre pour observer les étranges bipèdes qui jouaient dans le sable. En repartant, un shingle back lizard nous a fait l’honneur de nous saluer. C’est un gros lézard d’environ 30 cm, d’une épaisseur de 5 cm, avec une queue très courte et arrondie de la même forme que la tête. Lorsqu’on le taquine un peu de trop près, il ouvre grand la bouche en sortant une grosse langue noire bleuté.
Après Mildura, la ville quitte le Murray. Rapidement, les forêts d’eucalyptus disparaissent et il ne reste que quelques arbres perdus dans l’immensité de champs non cultivés ou ne semble pousser que quelques petits buissons. Des troupeaux de moutons paissent au loin. Les fermes ont des territoires de plusieurs centaines de millier d’hectare et accueillent autour de 50 0000 mille à 100 mille moutons. C’est ce qui fait vivre Hay, la ville où nous nous arrêtons.
Avant de repartir le lendemain, nous visitons un centre dédié aux moutons qui abrite une école de tonte. Un tondeur professionnel gagne bien sa vie ici mais c’est un métier très difficile. Des études ont montré que lors d’une journée de tonte, ils consomment autant d’énergie qu’un coureur lors d’une étape du Tour de France. Muni d’une grosse tondeuse électrique, le tondeur manœuvre avec habilité le mouton coincé entre ses jambes et en une minute trente en moyenne, il retire un seul morceau de laine d’environ 2 m par 1 m 20. Il répète la manœuvre environ 250 fois par jour.
A aucun moment les moutons ne bêlent et ne se débattent que rarement. Pourtant, ils repartent souvent avec quelques coupures cutanées assez importantes.
Les enfants ont eux aussi bien apprécié la visite mais ont été un peu impressionné. L’odeur forte, le bruit et la vue du sang, les a un peu secoué. Fabio en a vomi en repartant.
La suite de la journée, c’est 600 km de route en direction de Sydney avec la pluie qui de temps en temps nous accompagnent. Au coucher du soleil nous retrouvons collines, verdure, forêts d’eucalyptus ainsi que de magnifiques vignes. Les Blue Mountains ne sont pas loin, nous nous arrêtons à leur pied, de nuit sans les voir.
Les Blue Mountains
Nous garderons un bon souvenir de notre périple routier mais force est d’avouer que nous sommes content de laisser la voiture pour s’adonner à de la rando en montagne. La famille Servas qui nous accueille à Leura est fort sympathique et leur maison est superbe avec de grandes pièces décorées par des souvenirs de voyages multiples en Europe, Afrique et Asie.
C’est eux qui nous conseillent sur le choix des balades, qui nous aident à faire la manipulation de voitures pour avoir une voiture à l’arrivée de nos balades. En plus le soir, on se retrouve autour d’une grande table et d’un bon repas avec un bon verre de vin australien. En prime, depuis la cuisine et le salon de grandes baies vitrées surplombent la forêt et les fougères géantes. Bref, on s’y sent bien.
Les « montagnes bleues » ne présentent pas un relief alpin mais plutôt un relief du nord du Jura. Les sommets ne dépassent pas les 1100 m d’altitude. En revanche, il s’y cache de beaux plateaux et surtout des vallées profondes entourées de falaises, de cascades et des points de vue somptueux.
La végétation est constituée principalement d’Eucalyptus (comme d’hab.) et de superbes fougères. Parfois aux abords des villages, on passe dans des petites forêts de pins qui ont sans doute été plantés. Nous avons remarqué plusieurs arbres dont les pives sont jaunes ou orangées. Il s’agit de plusieurs sortes de Bankias. En cas d’incendie, ils se reproduisent plus rapidement. En effet, seul le feu libère les graines des pives. Ceci prouve que les feux de forêts ont toujours fait partie du paysage australien avant même la colonisation et que la végétation a su s’adapter. Dans les vallées les moins exposées au vent et au soleil se trouvent des forêts humides dites « Rain Forest ». La végétation y est plus dense. Les fougères arborescentes sont presque aussi belles que les Pongas Néo-Zélandais. On y trouve des arbres que nous n’avions jamais vu tel que des vieux «Lilli Pilli » et les énormes Turpentines dont le tronc sombre à écorce persistance tranche avec le blanc des troncs des eucalyptus géants dénudés.
Pourquoi les appelles-t-on Blue Mountains ? En fait quand on les regarde de loin, elles semblent parfois bleues. Ce phénomène particulier est dû à l’huile qui s’évapore des immenses forêts d’Eucalyptus.
Grâce aux conseils de Ian et Jane, les randonnées que nous avons effectuées, étaient magnifiques. Nous avons commencé par une balade le long d’une petite rivière sur les plateaux qui nous a conduit gentiment en haut des falaises avec une vue fantastique sur la vallée. Nous avons ensuite pris plusieurs sentiers à mi-pente et en dessous des derniers surplombs de falaise alternant passage en forêt, vue sur les cascades, passage vertigineux, rochers et points de vues. On y a croisé très peu de monde et à 20 minutes du parking où nous attendait la voiture, une pancarte « sentier fermé » nous a obligé à rallonger notre balade d’un petit quart d’heure supplémentaire, rien que pour le plaisir ! Tout le monde est rentré bien fatigué.
Le lendemain, nous sommes partis des « Three Sisters », trois pics rocheux dressés près des falaises avec en arrière plan une vue panoramique sur l’une des plus belles vallées des Blue Mountains. Au programme une descente de 500 m de dénivelé à l’aide d’escaliers aussi pentus que des échelles. Les marchent étant très importantes. Les petits ont rapidement fatigués et Louen a fini comme un fagot sur les épaules de son papa, les bras pendant sur le sac à dos. Nous avons rejoint ensuite cascades et forêts humides pour déboucher au final sur une ancienne voie ferrée minière qui descends de Echo Point (Katomba) à près de 52 %. Elle déverse maintenant non pas son flot de mineurs mais des centaines de touristes dont plein de japonais qui regardent le paysage au travers de leur caméra ou appareil photo numérique.
Tout le monde étant fatigué nous sommes remontés par ce petit train sans doute l’un des plus pentu du monde. A l’arrivée les enfants impressionnés mais ravis n’avaient qu’une envie : en refaire un tour.
Les Three Sisters et Echo Point représentent le deuxième site australien le plus visité après l’opéra de Sydney. Côté météo, on a été chanceux : nous sommes passés entre les gouttes.
Sydney
Nous avions l’intention de revenir à Sydney 4 jours car nous avions une connexion de prévu pour aller à Bangkok. En revanche, au dernier moment, nous avons appris que cela n’était pas possible au regard de nos billets tour du monde : nous sommes simplement autorisés à faire un transit. Donc, c’est en une journée que nous visitons, ou plutôt survolons, Sydney.
La ville est très grande. La banlieue nous a paru moins sympa que celle d’Adélaïde ou Melbourne et la circulation très difficile. En revanche, le centre est superbe. Il rappelle par endroit Manhattan à New York avec néanmoins des rues un peu moins larges. Les quais, le long du port et du quartier des docks sont magnifiques avec de nombreuses terrasses de café, magasins, parc. Il y avait même une exposition de sculptures d’ours, un par pays, très appréciée des enfants. Mais bien sûr, Sydney c’est avant tout son magnifique opéra dont la forme rappelle de multiples coquillages et qui avancent dans la baie entre le centre et le quartier des affaires, avec en face le fameux Harbour Bridge, cher aux Australiens. On a vraiment beaucoup aimé les 7 heures passées dans ce coin. Valérie et Fabio ont même visité l’intérieur de l’opéra. C’est simplement grandiose.
Histoire de prendre du recul, nous avons pris un ferry qui nous a emmené en 10 minutes de l’autre côté du port. On s’est retrouvé en quelques minutes en pleine nature, bord de plage, avec une forêt de fougères autour et point de vue sur l’opéra, le pont et la ville.
La sortie des bureaux nous a elle aussi surpris. Les rues s’animent de concerts et de spectacles mais surtout tout le monde se retrouve en terrasse le long des quais pour une bière ou un verre de vin. Les écrans géants affichant le sport du jour sont de sortie. Un grand brouhaha se dégage soudain des rues et couvrent le bruit des voitures. Sydney, c’est le Paris de l’Australie. La vie est très chère et la mode présente partout.
Bref, comme les jupes, c’était court mais on était heureux, nous avons fini notre voyage australien en beauté par un coucher du soleil sur Sydney face à l’opéra qui rosit tout doucement face au pont et aux quais qui s’embrasent.
Aujourd’hui nous quittons l’Australie.
A bientôt pour des aventures insulaires.
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