
Samara est un village qui se situe sur la côte pacifique au milieu de la péninsule de Nicoya. On avait lu qu’il était très en vogue car une route correcte y menait ce qui n’est pas le cas pour tous les villages des plages de coin. On s’attendait à de nombreux hôtels, des resorts et autres éléments qui font qu’une côte devient bétonnée. Et bien, il n’en est rien. Malgré l’expansion touristique, le coin reste plein de charme. Peu de structures hôtelières et celles existantes se fondent dans le décor. Les maisons particulières sont noyées dans la jungle environnante.
Pour nous, c’était royal on a été accueillis, logés et bichonnés pendant une semaine chez Anne et Jean-marc, deux ex lyonnais qui se sont installés avec leurs enfants dans ce petit coin paradisiaque depuis quelques années. La maman de Anne, Odile, était la nounou du filleul de Romuald, notre cher Elio.
La maison se situe en pleine nature à 1 km du centre du village avec 3 plages complètement différentes accessibles à pied. On s’est déplacé à pied ainsi que sur leur vieux vélo rouillé sans vitesse… très très sympa. Leurs enfants sont super gentils et les nôtres se sont éclatés en leur compagnie.
Là bas, le climat est tropical sec c'est-à-dire que pendant la saison sèche (on est en plein dedans) et il ne pleut que très rarement et cela tranche avec le temps de Tortuguero et celui de Monteverde (voir plus loin). La chaleur n’est pas étouffante car il y a toujours un petit vent qui vient de la mer.
Autour de chez eux, la campagne est magnifique. On trouve des champs avec des vaches à grandes oreilles si grandes d’ailleurs qu’on dirait que les petits veaux vont s’envoler quand ils courent. Il y a aussi des chevaux car ici monter à cheval fait partie de la culture générale. Ceux qui ne disposent pas de champs les laissent dans la nature et de temps en temps vont couper les fils barbelés de ceux qui ont un champ pour que les chevaux puissent aller brouter tranquillement un peu partout. Donc, il n’est pas rare de trouver des chevaux dans le jardin au petit matin. Sinon en bord de mer, on trouve des palmiers et un peu plus loin, de la forêt avec de grands arbres qui rappellent la jungle. Ajoutez à cela des rivières, des estuaires, des mangroves et vous comprendrez que Jean-marc dise souvent qu’il n’a pas besoin d’aller dans les parcs nationaux pour contempler tous les jours la richesse de la flore et de la faune du Costa Rica.
D’ailleurs, dans ces deux domaines, il est très très fort et on a vraiment beaucoup appris en sa compagnie. Par exemple que l’iguane orange est en fait un vieux mâle iguane vert. Que l’oiseau favori de Valérie qui survole les plages est une frégate superbe… Dommage qu’on n'ait pas tout retenu.
Pour vous dire rien que depuis leur salon de jardin, on a vu des singes congo (ceux qui hurlent et nous réveillent le matin), un phasme (insecte qui ressemble à une branche), des perruches, des geais bleu et blanc avec un plumeau sur la tête (Uraca ou Calocita formosa), des piverts charpentiers à crête rouge comme dans les Woody WoodPecker, des vautours noirs et même des scorpions parfois d’un peu trop prêt d’ailleurs. Et ceci n’est qu’un tout petit échantillon.
A quelques mètres de là, il y a une lagune où en saison des pluies au coucher du soleil, Jean Marc nous a dit qu’il neigeait des oiseaux. On veut bien le croire car en pleine saison sèche nous avons vu beaucoup de sortes d’oiseaux : de la poule d’eau aux dessous des ailes jaunes, le jacana, à de magnifiques canards sauvages, en passant par différents types de hérons. Sur les plages, on a vu beaucoup d’oiseaux d’estuaire, des belles frégates superbes (les males gonfles un jabot rouge gros comme une balle de tennis), les vautours noirs et un superbe aigle blanc. Mais le top quand on rêvasse sur la plage, c’est de voir passer les pélicans volant en formation et coupant le bleu du ciel d’un majestueux V mouvant. Où vont-ils donc ?
Sinon, ils ont aussi leur lot de crocodiles qui traînent dans les estuaires. En général, tous le monde s’y baigne parce tout le monde s’y est toujours baigné, puis un jour un crocodile bouffe un gamin et pendant quelques années les gens n’y vont plus et ensuite ils oublient etc.… Nous, on a évité. Et quand on devait les traverser à pied, on vérifiait par deux fois qu’il n’y avait pas un de ces jolis reptiles dans les alentours.
A part cela, les plus beaux spécimens du coin son plutôt du genre humain. Dans ce petit village de moins de deux milles habitants éparpillé sur plusieurs kilomètres, on trouve une communauté très hétérogène et très internationale. Une première vague d’arrivée correspond à des aventuriers désireux de venir faire du business dans le coin, loin des sociétés occidentales. Le business en question va de l’ouverture d’un hôtel, d’une posada, d’un bar jusqu’au trafique de coke en provenance du Panama. Ensuite depuis quelques années, les ticos ont vu un autre type de gringo arrivé, des gens qui cherchent une certaine douceur de vivre, un lieu où vivre leur vie à part à leur façon, au soleil des tropiques, dans un pays politiquement stable et avec un système de santé correct. Certains d’entre eux n’ont même pas vraiment besoin de travailler…
Nos amis nous en ont présentés quelques uns dont un ancien chiropracteur musicien indien et sa femme québécoise chez qui on a passé une formidable soirée.
Nos amis font partie de cette dernière vague, en revanche eux, ils ont besoin de travailler. Anne a commencé comme professeur de Français dans la ville la plus proche et vient de monter un petit magasin de souvenirs, Jean-marc lui s’adonne à sa passion en professionnel : la chasse sous marine.
Hors saison de pêche, c’est la construction de sa maison et aussi la sculpture d’os qu’il signe Juan de Samara, de vrais petits bijoux dans lesquels il incruste des morceaux de coquillages. On a été très impressionné. Si vous passez par là, passez les voir dans le magasin d’Anne cela vaut le détour.
Pour rien au monde, ils ne reviendraient en France. Entre autre car ici la vie est plus cool. Il est plus facile d’y créer son business sans avoir les lourdeurs administratives et fiscales de la France et tout le monde y est beaucoup plus détendu.
Les villes alentour sont plutôt sympas, agréable, propre, colorées et animées, avec de nombreuses églises dans des styles complètement hétérogènes allant de l’imitation coloniale à des styles ultras modernes.
Une journée de location de voiture nous a permis de visiter notamment Nicoya et Santa Cruz avec Odile. Une journée fort sympathique qui nous a conduit à Guapil l’un des quelques villages où l’on trouve encore un peu d’artisanat. Là bas, c’est celui des céramiques.
La pêche
Jean-marc étant pécheur, on a mangé pas mal de poisson et du bon. Il chasse au harpon, avec palmes, masque et tuba, avec son neveu Fabrice, dit Bozo, un solide gaillard blondinet de 26 ans. Ici, c’est le meilleur moyen de pécher. Le filet ne marche pas bien. Certains pèchent avec des scaphandres, ce qui est plus facile. Jean-marc et Bozo préfèrent la chasse sportive. Ils passent des heures à plonger en apnée. Leur secret : trouver les bancs de courvines car la plupart du temps en dessous, on trouve les grands pélagiens en chasse.
Une journée, en fin de séjour, Jean-Marc a amené Romuald qui piaffait d’impatience depuis le début de la semaine en les voyant rentrer et en écoutant chaque soir les récits du jour.
« Aujourd’hui, j’ai vu une immense tortue passé sous moi, tu l’as vue toi ? » ou « Ah, ça y est les raies mantas sont de retour. Tu verrais ça, il y en a des grandes comme la pièce » ou encore « il y avait tellement de poissons que Bozo a sauté de la barque sans masque avec un harpon dans chaque main », « aujourd’hui on a fait 70 kilos ! »
Leur bateau de 5 m étant fait par erreur dans un moule de 7 m est très instable. Rien que sortir de la plage pour aller en pleine mer et passer les vagues et déjà en soi une aventure et un petit jeu d’équilibre. Ensuite, il s’agit de trouver le banc de courvine. Jean-marc connaît plusieurs points de hauts fonts bien adaptés, ils se sont rendus à l’un d’entre eux pour y jeter l’ancre. Puis, tout le monde à l’eau. L’eau n’est en général pas très claire, il peut avoir du courant et bien sûr pas mal de houle. On est loin des caraïbes mexicaines ou béliziennes. Après une heure à faire quelques descentes, Romuald à choper le mal de mer. Il est ensuite resté à son grand désespoir à faire la planche au milieu des vagues, les yeux fermés et une main accrochée à la corde de l’ancre pour ne pas dériver. Une heure, c’est long. L’occasion de rendre à la mer le déjeuner du jour et d’appâter pour le reste de la journée ! Alors comme Romuald, on va vous faire partager un peu de chasse sous marine les yeux fermés, perception juste auditive. Imaginez-vous, les yeux fermés, des vagues vous passant sur le nez et les oreilles à demi dans l’eau. On entend le bruit de l’eau sur les rochers en dessous comme des petits grésillements puis un bruit de palme correspondant à la plongée de Jean-Marc et quelques dizaines de secondes après ou parfois plusieurs minutes un petit bruit sec… celui du harpon. Puis, c’est la respiration du pécheur qui remonte en surface et la petite phrase qui accompagne la satisfaction d’une belle prise. Ensuite, on devine un grand mouvement d’air et d’eau, celui du bras de Jean-Marc qui balance sa prise, qui s’achève par un bruit sourd, celui d’un poisson de plusieurs kilos qui tombe sur les planches de la barque. Pendant quelques minutes, on entend le poisson taper à grands coups de queue dans le bateau, cherchant désespérément sa respiration. Au bout d’une heure, le froid aidant, Romuald s’est finalement hissé dans la barque pour s’allonger sur la caisse à poissons, ne se redressant qu’à chaque prise pour saisir les poissons et les glisser dans la caisse et la refermer.
Pour les voileux de copains qu’on voit sourire jusqu’ici en pensant à notre marin d’eau douce, on ajoutera qu’au retour en voyant le résultat impressionnant de la pêche de Jean-marc, les enfants étaient très très fiers de leur Papa ! C’est cela le plus important, hein ?
4*4
Après une semaine, on s’est finalement décidé à quitter le nid douillet de Samara dans l’idée de rejoindre en bus, les montagnes et les forêts de nuages de Monteverde. On s’est retrouvé tout dépité avec nos bagages à la main, à la station de bus (heu ! c’est un grand mot, l’endroit ou s’arrête le bus au croisement de deux rues, à côté du guichet de vente des billets !) : plus de place dans le bus. Mettre en mouvement une famille avec de nombreux bagages prend pas mal d’énergie, on n’avait pas envie de reporter le voyage au lendemain. Romuald est donc passé voir le représentant d’Alamo pour négocier une voiture. La négociation s’étant bien passée, on décide finalement de louer la voiture pour une semaine, à nous la liberté.
En fait, c’est avec une petite idée derrière la tête que Romuald a choisi un petit 4*4… un petit encart dans le Lonely Planet précisant qu’il existait une piste longeant la côte avec des petits passages sympas pour passionnés de 4*4. Donc changement d’itinéraire, nous avons pris la poudre d’escampette et plusieurs jours pour se rendre à Monteverde.
La piste nous a entraînés dans des paysages magnifiques et très sauvages, alternant les passages dans les terres, ceux surplombant l’océan puis longeant de superbes plages. Petits et grands ont beaucoup aimé les passages escarpés sinueux et bien surs les traversées de rivières. Ces dernières sont parfois surprenantes : la piste n’est pas forcément en face de l’autre côté de la rivière mais plusieurs dizaines de mètres en amont. Il faut donc remonter la rivière en empruntant les voix les moins profondes. On y a croisé très très peu de monde et quand c’est le cas, on se salue comme deux marcheurs qui se croisent sur un sentier. Thierry, on a beaucoup pensé à toi !
Le long des pistes, on a vu de nombreux cnétosaures noirs, une sorte d’iguane gris et noir, qui à notre arrivée quitte la chaleur de la terre pour s’enfuir dans les arbres ou dans un trou.
Les deux jours d’après, on a profité du 4*4 pour visiter quelques petites réserves un peu perdues au sud de la péninsule de Nicoya. L’occasion de voir chaque jour de nouveaux animaux voir le récit des enfants.
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