
Nous voilà dans la région des lacs du Michoacan. Autour de nous, des montagnes et des forêts de pins montrent que nous sommes haut en altitude. Le lac de Patzcuaro est considéré comme l’un des plus beaux du pays. En revanche, il a mal vieilli. Le niveau de l’eau à considérablement baissé depuis le tremblement de terre de 85 et ses eaux maronnasses et polluées ne donnent pas envie de s’adonner à une baignade. De loin, c’est magnifique, on devine les quelques îles indiennes qui sortent de la brume. La plus connue, on l’a visitée, c’est Janitzio…Jetez un œil au photos, il y a du beau et du moins beau. Défigurée par le tourisme dirait le routard , défigurée par l’absence de politique écologique, dirons-nous et des détritus partout … Un discours de riches certes car les habitants, les vrais, pas ceux qui récoltent l’argent, on sans doute, d’autres chats à fouetter que de s’occuper de l’écologie locale mais c’est bien dommage. On ne s’y sent pas à l’aise, même pour manger son pique-nique sur un muret. Le choléra était là encore il y a peu alors bon, autant éviter de toucher le rat crevé sur les escaliers, hein les enfants !
Voilà pour le côté négatif. Pour le reste, des rues colorées, des femmes qui pétrissent la pâte pour les tortillas et autres quesadillas, une autre qui lave son linge dans une bassine à côté du lac, du linge qui pend, des enfants en uniforme qui remontent les ruelles en rentrant de l’école chargés des courses que leur a commandé Maman, une vue magnifique, des pécheurs manipulant pour le bonheur des touristes des filets papillons sans rien pécher car il n’y a plus de poisson. Voilà on a passé un bon moment, sans doute moins bon que ceux qui l’on visité il y a 20 ans et sans doute meilleur que ceux qui le visiterons dans les années prochaines si rien ne change.
La région de Patzcuaro, c’est aussi le site de plus connu pour la fête des morts. Des milliers de touristes mexicains s’y rendent à cette occasion. Le discours local à ce sujet est mitigé entre la manne financière que cela représente et le non respect des traditions que cela engendre. En tout cas la moitié de l’auberge de jeunesse à Mexico nous avait quitté pour s’y rendre et se n’était pas pour prier .
A part cela, nous y avons trouvé un hôtel très agréable. La chambre petite mais raffinée donnait sur un patio fleuri avec pelouse et salon de jardin où l’on prenait notre petite déjeuner et la collation du soir, où les enfants faisaient l’école et jouaient avec le gosse des proprios… Patzcuaro est une petite bourgade très sympathique avec une unité architecturale remarquable. Les façades y sont blanches et rouges, les toits tuilés et les patios nombreux. On y trouve là et aux alentours un artisanat riche notamment autour du travail du bois mais aussi dans les tissus.
Durant ses trois jours on s’est échappé une journée pour une balade à cheval dans les laves du volcan Paricutin où l’on a visité une église ensevelie, seul reste visible de l’ancien village. Valérie s’est forcée pour le plaisir des enfants à monter sur un cheval, elle aussi. C’était très sympa. Romuald en a profité pour partir galoper dans le village tarasque de Angahuàn … où on avait loué les chevaux. Les enfants n’étaient pas peu fiers de leur papa qui galopait autour de la voiture comme les locaux.
Le village est quant à lui des plus typiques. Les routes n’y sont pas goudronnées et les voitures peu nombreuses. Ici le moyen de transport, c’est le cheval. On n’y parle pas l’espagnol mais la langue indienne locale. Nous y sommes allés un jour de fête. Les femmes arboraient leurs costumes traditionnels avec des jupes rehaussées de tabliers en dentelle très colorés. La plupart d’entre elles portaient dans le dos un bébé emmitouflé dans une belle couverture de couleur. Les maisons étaient décorées, il nous a semblé des ces mêmes tabliers et châles brodés pendus sur des cordes au dessus de la rue. A plusieurs reprises, des cavaliers ont tenu ses fils à bout de bras pour qu’on puisse passer en voiture dessous !
A 14 heures, sur la place du village, on a eu droit à beaucoup d’animation, la sortie de l’école couplée à la sortie de l’église et aussi une queue gigantesque devant un camion qui distribuait un carton à chaque femme qui attendait. Sans doute de la nourriture. On serait bien resté pour la fête mais la pluie arrivant, on est rentré sur Patzcuaro, non s’en avoir tapé le ballon avec Loulou sur la place du village.
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