
Pierre et Emmanuelle nous avait prévenus : la route est longue et belle, vraiment très belle mais affreusement longue… 250 km à 43 km heure de moyenne, des virages et des virages. Un col à un près de 3000 m pour ensuite descendre en bord de mer. Alors en suivant leur conseil, on a fait une pause au milieu à 2700 m à San Jose del Pacifico. Là haut, on est dans les nuages, il fait frais. On a loué une cabaña ou plutôt un mini chalet se résumant à une belle chambre avec deux grands lits une salle de bains et surtout une cheminée superbe, avec un gros panier en osier plein de bois qui prend sans papier et sans allume feu. Une vue sur les nuages et les montagnes (et parait-il sur le pacifique quand s’est dégagé). On a tous adoré… On s’est fait une belle flambée pour se coucher et une autre au réveil. Le village est sympa comme tout, plutôt animé avec plein de jeunes qui viennent ici en pension pour le secondaire. Cela a été l’occasion d’un petit jogging matinal pour Romuald, avec un superbe levé de soleil en prime ce qui aide fortement à surmonter les difficultés d’une course en altitude.
Ensuite, les prévisions de nos amis se sont avérées pertinentes. Une maman avertie en valant d’eux tout le monde sauf le conducteur a pris le petit cachet pour ne pas vomir et pour roupiller dans les virages. La route était magnifique mais p…n que c’était long. On passe dans des villages du bout du monde tout en sachant qu’il y a pire car quelques pistes partent à droite ou à gauche en indiquant tel village à 35 km ou un autre à 54 km… Les gens s’y déplacent plus que jamais à cheval ou à dos d’âne. Ici tout est fortement escarpé. Ce qui nous a impressionné ce sont les champs de maïs sur des pentes où l’on s’aventurait pas à ski … Vous direz qu’ici il n’y a pas de neige… d’accord , mais là n’est pas le propos. Il faut un sacré courage pour cultiver ces terres. Ici plus de topes, on ne peut de toutes façons pas rouler vite. Ca tourne, tourne et retourne, un paradis pour les rallyes. La route, parfois se rétrécit soudainement en raison d’un éboulement de terrain ou devient une piste pour quelques mètres. Quand on arrive presque en bas (soit encore une heure à descendre), on voit apparaître les cultures de café. La température est beaucoup plus élevée et on sent la moiteur arriver. Heureusement, cette fois-ci, on a loué un pot de yaourt mais avec la clim ! Ensuite arrive les cocotiers et les bananiers avec les petits vendeurs en bord de route et on guette l’océan… le premier qui le voit a gagné ! La route devient moins sinueuse, du coup on a droit à des topes et entre les topes des trous énormes que Romuald évite tant bien que mal et plutôt mal que bien la fatigue aidant. Lorsqu’on arrive à l’océan le dos de Valérie n’en peut plus, dans la voiture, ça commence à s’exciter car les cachets ne font plus effet. En plus, comme d’hab, on galère pour trouver un hôtel... Après quelques visites de cabanas et chambres pour jeunes baroudeurs que nous ne sommes plus, après avoir arpentée les trois ou quatre villages de la côte, tout simplement parce que sans carte précise, on ne les avait pas dans l’ordre, on finit par atterrir dans le mini hôtel conseillé par Emmanuelle à San Augustinillo… Fin des ennuis… Pas cher, propre mais sans luxe car la chambre est semi enterrée et côté rue. Point de piscine, point de climatisation, ici c’est trois chambres avec ventilo et moustiquaire dont un studio avec kitchenette mais déjà pris et basta … mais nous n’avons besoin de rien d’autre car le reste est paradisiaque !
De notre chambre, en quelques pas, on se retrouve sur la terrasse de l’hôtel face à l’océan et la plage, avec un salon de jardin où l’on mangera et où on fera l’école, deux hamacs pour le plaisir de tous, devant une baie ouverte avec des vagues immenses qui déferlent régulièrement, des endroits plus calmes vers les rochers et une plage immense avec au bord des palmiers. Des bateaux ou plutôt des barques de pêche sont échouées et montrent qu’ici en dehors du tourisme, on vit grâce à la pêche. Dans le village, il n’y a pas de barres hideuses ou de Resort de luxe. Ce ne sont que des cabañas ou des petits hôtels tenus par des étrangers qui se sont posés là, après la période hippie ou par des locaux. Le matin, on est réveillé à l’aube par les coqs des posadas d’à côté…. Ce n’est pas la Grande Motte, ni Acapulco.
L’ambiance est sympa. Il y a des enfants partout qui jouent le soir au foot sur la plage, pêchent le week-end et s’éclatent dans les vagues… Ici, on ne s’énerve pas car il fait trop chaud. Le long des routes, les cantonniers n’agitent pas de foulard ni de drapeaux pour faire signe de passer mais se contentent de bouger un doigt. Aux heures chaudes, des jambes pendouillent des hamacs, la rue est calme et on n’entend plus que le ressac des vagues.
Pour le reste les photos parleront mieux que les textes.
On devait bouger pour visiter des baies plus calmes et plus touristiques mais finalement, on est resté là. Même Louen a eu le déclic et n’a maintenant plus peur des vagues.
Au programme de ces quelques jours on a :
- visité le musée des tortues marines avec quelques aquariums et un guide pour nous sensibiliser au respect de ces espèces protégées,
- visité une lagune en barque avec des iguanes et des crocodiles (on en a même attrapé un petit),
- fait deux balades en mer avec Alberto le pécheur de San Augustinillo V (c’est lui qui nous a demandé de faire de la pub !), la première fois pour aller voir les tortues et nager avec elles en pleine mer et les regarder ensuite s’enfoncer vers le grand bleu s’en pouvoir les suivre et la deuxième fois pour voir les dauphins au petit matin (départ 6 h 30),
- assisté au début de l’aventure des bébés tortues qui rejoignent l’océan et les ennuis avec beaucoup de courage et 1% de chance de survivre. Moment très, très émouvant,
- joué dans le sable et les vagues,
- regardé les pécheurs plier, nettoyer et réparer leurs filets,
- Admiré les jeunes du village à la pêche,
- scruté le ciel avec ses rapaces et pélicans,
- bullé dans les hamacs,
- lézardé les pieds en éventail dans l’eau.
On vous dédie une petite fleur de la lagune elle s’appelle majahua. Le matin elle est jaune et après 16 h elle devient orange. En gros, c’est comme un hollandais dans les pays chaud, elle se colore au soleil !
On est finalement reparti. La route était toujours belle et extrêmement longue.
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