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Mexique - San Cristobal de Las Casas - Chiapas


de valerie et romuald, 12-12-2005

au pays de Marcos


Le Chiapas

Nous profitons d’un peu de temps entre séances de plages et de sites archéologiques pour vous raconter notre périple dans le Chiapas.
Histoire que vous ne soyez pas toujours envieux en lisant nos récits nous allons commencer par les mauvais côtés de ce séjour.
Tout d’abord nous sommes partis de Oaxaca un peu fatigués car les deux dernières nuits ont été difficiles. Les enfants essuyant des rhinos et autres bricolettes, nous ont réveillés souvent. De plus, comme ils sont partageurs ils nous les ont refilé. Après une nuit de bus avec quelques réveils pipis et autres, nous sommes arrivés à San Cristòbal de las Casas à 2200 m sous une bruine et un petit vent d’hiver dit « picard » ou « breton » pour ne pas faire de jaloux. Denis, un québécois nous a gentiment proposé de le suivre dans sa nouvelle posada. Sur celle-ci rien à redire si ce n’est que la plus grande chambre qu’il nous a gentiment proposée, était la plus bruyante (à déconseiller fortement pendant les jours de fêtes). Une double porte condamnée donnait directement sur la rue et vibrait à chaque passage de voiture. Romuald a passé une nuit blanche.
Ensuite, le temps ne s’est pas arrangé. Romuald a dû s’occuper de quelques soucis administratifs et financiers liés à sa boite et à notre appart qui finalement se sont résolus grâce à nos amis Philippe, Cléo et Evelyne. Par là-dessus, on s’est fait piquer la banane dans laquelle normalement on ne met pas grand-chose, si ce n’est de l’argent pour la journée, un carnet pour les comptes, des adresses, un stylo… Malheureusement cette fois ci, dedans il y avait le couteau suisse de Romuald offert pour ses 30 ans, un talkie-walkie, la petite bouteille de Tégarome pour les piqûres et surtout nos deux permis de conduire…
Tout cela pour vous dire que l’aventure ce n’est pas toujours les pieds en éventail sur une plage. Croyez nous, même si on préfère raconter les moments qui font rêver, on essuie de temps à autres de petites frayeurs, des moments de fatigues, de colères, des soucis et des galères qui mettent de la joie dans une maison… euh dans notre petit tour du monde.
Rassurez-vous tout cela mis à part, le Chiapas ce n’est pas mal du tout. Primo, on a changé de chambre et quand Romuald dort cela se passe beaucoup mieux… pour tout le monde !

Le Canyon del Sumidero

Le canyon est très beau. On le visite par le fond sur l’eau et de chaque côté des énormes falaises qui grimpent parfois jusqu’à plus de 1000 m au dessus de l’eau pour toucher les nuages grisâtres qui nous accompagnaient. Sur les falaises des cactus en L s’accrochent au paroi, une cascade à sec avec des mousses en forme de sapin de Noël , quelque grottes et des ouvertures de temps à autres avec une végétation luxuriante où l’on peut voir parait-il des singes. Nous, on a fait ça dans le cadre d’un tour organisé (cela revenait moins cher). 35 km de gorges en lancha… A fond. Les cheveux dans le vent, bruit du moteur dans les oreilles, la main sur le chapeau, l’autre qui tient tant que bien que mal les mômes. Bref, le paysage défile et puis brusquement, notre accompagnateur coupe les gaz en montrant du doigt : là un crocodile… mais si, là !!!! Je vous dis.
Là ! Un iguane. Mais si, regardez là haut ! Ceci dit, on est impressionné par les animaux qu’il arrive à nous dénicher à la vitesse où il avance. Les iguanes sont de tailles impressionnants, celle d’un gros chat avec des crêtes orange magnifiques.
Sinon comme raconté par les mômes dans leur récit, le clou de la journée ce n’est ni les iguanes, ni les crocodiles, ni les cormorans, ni les pélicans, ni les zopilotes (vautours) ou tout autres volatiles… c’est Daniel et Géraldine ! Deux nouveaux amis français, anciens animateurs avec qui nous avons mis de l’animation dans le bus du tour organisé. On a passé ensuite avec eux quelques bons moments dans San Cristòbal que voici.

San Cristóbal de la Casas.

C’est une ville au cachet colonial avec des patios, des belles cours, un beau zòcalo, des palacios et des églises un peut partout. Les tons y sont colorés, les immeubles inexistants et les rues toutes étroites… c’est très agréable. Autour, ce sont les montagnes, très vertes et boisées jusqu’au sommet qui abritent la population indienne du Chiapas, un million d’indiens disséminés un peu partout. Comme à Oaxaca, il ne s’agit pas d’un seul peuple mais d’un grand nombre de communautés très différentes l’une de l’autre, de la langue parlée jusqu’aux tenues traditionnelles, en passant par leurs croyances ou même leurs appartenances politiques.
Tous ne soutenaient pas le sous commandant Marcos par exemple.
A propos de ce dernier, notre séjour rapide ne nous a permis ni de le rencontrer, ni d’apprécier si la condition indienne à changer depuis le soulèvement de 1994.
Ce qui est sûr, c’est qu’il suffit de faire quelques kilomètres en dehors de San Cristobal pour se rendre compte que leurs conditions de vie restent très précaires. Le Chiapas est l’un des états le plus riche du Mexique, avec une exploitation de ressources naturelles importantes, barrages hydroélectriques, pétrole, gaz, etc. C’est aussi l’état où la richesse est, bien entendu, la moins bien répartie. C’est le tiers monde au milieu d’un pays qui se dit civilisé… On comprendra que cela ne pouvait qu’exploser. C’est d’un village tout proche que Marcos a entamé sa grande marche pacifique en février 2001. Marche pendant laquelle il a soulevé des foules jusqu’à Mexico et obligé le gouvernement à s’asseoir à une table de négociation devant le soutien politique des pays occidentaux. Belle épopée, pour un résultat en demi teinte qui a eu le mérite de mettre sur le devant de la scène internationale les oubliés du Mexique.
Revenons à San Cristòbal.
Cette diversité ethnique associée aux valeurs festives usuelles du Mexique et ajoutée à la présence de routards du monde entier, donne un cachet particulier à cette petite ville de montagne.
Nous avons eu la chance d’y être pendant la grande fête de la Virgen de Guadalupe. Cette dernière et les miracles associés ne semblent pas être reconnu par Rome. Rien ne prouve que son histoire (Vierge qui apparaît à un indien au Mexique) n’ait été montée de pure pièce pour aider à l’évangélisation des peuples indiens. Ce qui est sûr, c’est qu’ici au Mexique, on y croit avec ferveur et c’est ce qui compte. Cela se matérialise par d’innombrables processions dans tout le pays pour rejoindre toutes les églises portant son nom dont celle de Mexico qui reçoit ce jour là 1 million de pèlerins. Si, si…
A San Cristobal, on était moins nombreux mais c’était impressionnant quand même. En premier lieu, les processions sont sportives. Les pèlerins viennent en courant et se relaient sur des longues distances de jour et de nuit pour apporter et rapporter un flambeau. Certains courent pieds nus d’autres en costume traditionnel. Une camionnette suiveuse où s’entasse les coureurs entre deux relais, sert aussi à les protéger à l’arrivée dans la ville et sur la nationale. A l’entrée dans San Cristobal tout le monde coure ensemble, psalmodiant en cœur, en tenant des effigies de la Vierge et avec en prime klaxons, pétards et feux d’artifice. Et ce, quelque soit l’heure du jour et de la nuit. L’église est bien sûr, perchée au dessus d’un interminable escalier. Le soir les marches sont bondées de monde qui monte et descende. En bas, sur la place et dans la rue, des concerts, des stands pour manger et une vraie fête foraine d’un autre temps. C'est-à-dire comme chez nous en France il y a 40 ans. Les autos tamponneuses ne sont pas réservées aux préadolescents mais aux adultes qui y vont avec femmes, enfants et bébés. On tire au pistolet. On pari sur des tables de jeux. On se fait des frayeurs sur une grande roue de bric et de broc dans laquelle nous n’avons pas osés montés… et on joue au Baby-foot !
D’ailleurs, ce sera un des grands souvenirs de notre voyage …. Les parties de Baby-foot avec Daniel et Géraldine.
Sinon, nous avons fait aussi une petite visite du musée de médecine Maya qui héberge des médecins mayas et une pharmacie. Un documentaire présentait un accouchement traditionnel et le rôle de la sage femme. Très intéressant mais très cru. Pas eu le temps de sortir les enfants car on ne s’y attendait pas. On dira qu’ils ont beaucoup grandi pendant cette séance surtout sur le coupé de cordon et l’enterrement du placenta sanguinolent.
Côté médicaments. On retiendra qu’en cas de rhumatisme, il faut utiliser de l’écureuil, des œufs de vautour et que si Messieurs, vous avez une inflammation des testicules, Mesdames, il vous faut trouver pour soulager votre moitié, des araignées et n’en garder que les dents…. Bref, ce n’est pas gagné et quelques générations encore risque de se gratter.


San Juan Chamula

Justement, c’est un des villages où la médecine maya est encore appliquée. Mais, il est surtout célèbre pour son église où les indiens tzotziles pratiquent leur propre religion en se servant du lieu et des instruments de l’église catholique. Il est interdit de photographier dans l’église donc vous ne verrez pas de photos des innombrables bougies, des offrandes, des sacrifices de poulet, des bouteilles de coca qui servent à faire roter et à chasser le mauvais esprit. Ceci dit on a trouvé que cette utilisation de l’église était moins détournée que la nouvelle mode québécoise qui en fait des condominiums. Le village est très, très touristique et on passe son temps à dire « no gracias » à tous les indiens de tout âge qui nous accostent pour nous vendre des bricolettes. Beaucoup de gamins mendient pour récupérer quelques pesos. On a préféré faire la distribution de gâteaux. Au moins là, on est sûr que ce sont les enfants qui en profitent directement.



Palenque et les alentours

La ville de Palenque n’a pas grand intérêt. On a juste eu la chance de voir sur le zòcalo des spectacles organisés pour Noël, par une garderie. Les papas devant la scène avec les caméras et les appareils photos… Les mamans qui chantent en même temps que leur enfant sur la scène qui eux chantent très faux et sont couverts par la musique avec les enceintes à fond. Bref, rien de neuf, c’est pareil quand France ! Les enfants ont en revanche trouvé très amusant de voir un décor avec un grand Père Noël son traîneau et ses rennes au beau milieu du Mexique par une chaleur humide étouffante. Le pauvre, il ferait mieux de troquer son manteau rouge épais pour un bermuda et une chemise à fleurs. C’est ce qu’on lui conseille de faire pour le vrai Noël, celui qu’on passe en Floride. D’ailleurs à ce propos. On est invité par une famille américaine de notre association Servas pour le réveillon. Les enfants comptent les jours !

Revenons à nos moutons. Vous avez tous vu une fois dans votre vie une pub pour Hollywood Chewing-gum ? Et bien, elle aurait pu être tournée à Agua Azul près de Palenque. Imaginez de superbes cascades, immenses qui s’enchaînent au milieu de la jungle en dessous des baignoires naturelles superbes aux eaux limpides. Les couleurs sont indescriptibles une espèce de nuancier entre le vert pétard de la végétation jusqu’au bleu azur du ciel non pollué. Suivant l’endroit où l’on se trouve parfois de la brume, des arcs-en-ciel. Nous sommes arrivés relativement tôt… Dans le rôle des jeunes hommes bronzés et musclés, Fabio, Louen et Romuald et vous l’aurez deviné, les belles filles dénudées mais pas trop sous la cascade : Anaëlle et Valérie. Fermez les yeux vous y êtes. Bon, histoire de vous laissez rêver on ne vous raconte pas les boutiques à touristes juste à côté, les nombreux cars qui déversent leur flot de touristes, la chaleur humide, les moustiques, les crocodiles , les piranhas… non retenez juste l’essentiel, un paysage de pub !

Palenque, c’est aussi, surtout et bien sûr, une cité maya des plus importantes, contemporaine de Teotihuacan. A son apogée, elle comptait environ 60 000 habitants soit autant que celle de la ville actuelle. Le site visitable pour le commun des touristes représente 5% de la surface estimée. Autant dire que dans la jungle épaisse des alentours, (Palenque veut dire entouré d’arbres) il y a du boulot pour les archéologues. L’ambiance, malgré les nombreux touristes n’est pas surfaite. On entend parfois les singes hurleurs. Les points de vue du haut des édifices sont superbes. L’humidité à l’intérieur des palaces, la végétation, les bruits alentours confèrent une ambiance « aventure » fort sympathique. Ce n’est pas un site maya sauvage du Guatemala mais quand même, c’est très sympa.
Côté civilisation, on ne fera pas ici un cours d’anthropologie, ni d’histoire. On n’en est pas capable. Simplement, nous avons beaucoup apprécié les vestiges et les explications sur le réseau d’eau propre, d‘eau sale, les bains avec vapeur et essence médicinale, les toilettes séparées et aux formes différentes pour les hommes et les femmes. Côté mode, mesdames et messieurs, les critères de beauté ont bien changé… La tête en triangle et le front haut à l’arrière sont le must plus ultra. Là encore il faut souffrir pour être beau et belle. On recourrait à la déformation crânienne pour arriver à ses fins. La touche finale, une petite pierre d’obsidienne incrustée dans les dents.
Côté sacrifice, le peuple est conditionné dans l’espoir de mourir un jour sur un autel, promesse d’une renaissance sous de meilleurs hospices. Ainsi, lors du jeu de pelota, ce ne sont pas les vaincus que l’on sacrifie mais les vainqueurs… Vous me direz que ce n’est pas comme cela qu’on élève le niveau d’un sport mais bon ce n’était pas le but !

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